PASSION DES Civilisations MILLENAIRES, mysterieuses et sacrees
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Antiquité

Pyramide de Khéops

Hauteur initiale 146,58 mètres (~ 280 coudées)
aujourd’hui 137 mètres
Base ~ 230,35 mètres (~ 440 coudées)
Volume 2 592 341 m³
Inclinaison 51°50’34”   Pente 14/11
Coordonnées 29° 58′ 44″ Nord, 31° 08′ 02″ Est

La pyramide de Khéops ou grande pyramide de Gizeh est un monument construit par les Égyptiens de l’Antiquité, formant une pyramide à base carrée. Tombeau présumé du pharaon Khéops, elle fut édifiée il y a plus de 4 500 ans, sous la IVe dynastie1, au centre du complexe funéraire de Khéops se situant à Gizeh en Égypte. Elle est la plus grande des pyramides de Gizeh.
Si elle est la seule des sept merveilles du monde de l’Antiquité à avoir survécu jusqu’à nos jours, elle est également la plus ancienne. Durant des millénaires, elle fut la construction humaine de tous les records : la plus haute, la plus volumineuse et la plus massive. Ce monument phare de l’Égypte antique est depuis plus de 4 500 ans scruté et étudié sans relâche.

La grande pyramide, chef-d’œuvre de l’Ancien Empire égyptien de l’architecte Hémiounou, est la concentration et l’aboutissement de toutes les techniques architecturales mises au point depuis la création de l’architecture monumentale en pierre de taille par Imhotep pour la pyramide de son souverain Djéser, à Saqqarah. Toutefois, les nombreuses particularités architectoniques et les exploits atteints pour sa construction en font une pyramide à part qui ne cesse de questionner l’humanité.

Description

Ce monument forme une pyramide à base carrée de 440 coudées royales anciennes, soit environ 230,5 mètres. Les valeurs empiriques d’aujourd’hui sont au sud de 230,454 m ; au nord 230,253 m ; à l’ouest 230,357 m ; à l’est 230,394 m, soit une erreur pour obtenir un carré parfait de seulement 0,05 %.

La pyramide construite sur un socle rocheux avait une hauteur initiale de 146,58 m (280 coudées royales égyptiennes), c’est-à-dire plus haute que la Basilique Saint-Pierre à Rome de 139 m, mais l’érosion l’a réduite de 9,58 m (environ 5 coudées royales) pour atteindre 137 m de hauteur. Elle détient le record du monument le plus haut du monde jusqu’en 1311, année qui voit l’érection de la cathédrale de Lincoln dont la flèche atteint 160 m de hauteur. Elle fait un périmètre de 922 m, une surface de 53 056 m2 et un volume originel de 2 592 341 m3 (aujourd’hui 2 352 000 m3).

L’estimation traditionnelle du nombre de blocs de pierres qui composent la pyramide est de 2,3 millions mais le calcul des égyptologues va de 600 0005 à 4 millions. Le parement ou revêtement était composé de pierres calcaires blanchâtres soigneusement jointoyées et polies qui renvoyaient les rayons du soleil, lui donnant l’aspect d’une véritable colline de lumière (ce qui explique qu’elle eut pour nom Akouit « la brillante », mais elle fut plutôt appelée Akhet Khoufou, « L’Horizon de Khéops ») et soulignant sa géométrie par un jeu d’ombre et de lumière. Contrairement à la pyramide de Khéphren, elle n’a pas gardé dans sa partie supérieure son revêtement de calcaire mais il subsiste quelques blocs au niveau de la base de la face Nord. Le nucléus est constitué de blocs de calcaire plus ou moins équarris de moins bonne qualité que ceux du parement, les premiers étant issus d’une carrière à 400 m de la pyramide, les seconds de la carrière de Tourah. Les deux premières assises, ainsi que la maçonnerie de la grande galerie et des appartements funéraires sont construites en blocs de granit rose d’Assouan. Les blocs qui sont aujourd’hui visibles à l’extérieur sont noircis par la pollution et souvent cachés par la brume.

Chaque bloc de pierre calcaire a un volume de 1,10 m3 et pèse en moyenne 2,5 t, ce qui fait pour la pyramide (en négligeant le poids des blocs de granite) une masse totale de 5 000 000 t.

Des vestiges d’une enceinte à redans, située à dix mètres autour de la pyramide, sont présents autour du monument. Ces redans sont des parties saines conservées du socle rocheux qui ont permis de diminuer le nombre de blocs à mettre en œuvre lors de la construction.

Construction

La construction de la « grande pyramide » aurait débuté entre 2600 et 2550 av. J.-C. suivant les sources, au début de la (IVe dynastie), et aurait duré environ une vingtaine d’années selon l’historien antique Manéthon. L’année de début et la durée de construction de la pyramide sont des estimations généralement validées par les égyptologues, parce qu’elles correspondent aux 23 à 25 années, suivant les sources, du règne du pharaon Khéops. Ces estimations ne sont malheureusement attestées par aucun écrit contemporain, mais déduites logiquement par la destination admise de la pyramide comme étant le tombeau de ce pharaon, hypothèse elle-même non attestée par des écrits.

En se fondant sur les données traditionnellement admises (pyramide constituée de 2,3 millions de blocs de pierre, durée de chantier de vingt-trois ans), il est estimé que 340 blocs étaient posés chaque jour, soit pour une durée de travail de dix heures par jour, un bloc placé tous les deux minutes, ce qui aurait mobilisé la main-d’œuvre de plus de 10 000 ouvriers (le nombre prodigieux de 100 000 hommes, ne travaillant que trois mois dans l’année pendant la saison des crues, a été proposé par Hérodote).

Architecture

La grande pyramide de Khéops a bénéficié, pour son érection, des développements et des innovations techniques des pyramides de son père Snéfrou à Dahchour. Elle ne semble avoir subi aucun changement de plans à l’extérieur. Ce point est par contre sujet à discussions en ce qui concerne l’intérieur du monument. Deux écoles s’affrontent ; il y a les partisans d’un projet unique et les partisans de trois projets successifs. Il semble que l’architecte en fut le vizir Hémiounou.

  • L’entrée de la pyramide (1), située sur la face nord de la pyramide à une hauteur de 15,63 mètres13, est surplombée par un système de décharge avec voûtes et linteaux monolithiques. Sa fonction est de protéger le couloir descendant de la masse située au-dessus. Cependant les dimensions de cette voûte semblent disproportionnées quand on considère les charges relativement faibles en cet endroit.
    Cette entrée aurait été fermée au moyen d’une pierre mobile, ce qui confirmerait les indications de l’auteur antique Strabon. Ce type de dispositif de fermeture était déjà connu à Dahchour.
  • La descenderie et la chambre souterraine
    Le couloir descendant, incliné de 26°26’46” et long de 105 mètres, aboutit à un couloir horizontal long de 8,90 mètres13 menant à la chambre souterraine (4).
  • Le couloir ascendant, le boyau et la chambre de la reine
    La percée d’Al-Mamoun mène le visiteur directement dans le couloir ascendant.
    L’embranchement a la particularité d’offrir un accès à chaque niveau de la pyramide : tout d’abord à la descenderie, par un boyau reliant le bas de la grande galerie (9) à la grotte (12) et creusé à même la maçonnerie par les constructeurs, ensuite à la chambre de la reine (7), par un couloir horizontal (8), et enfin à la chambre du roi (10), en empruntant la grande galerie (9).
  • La grande galerie, l’antichambre et la « chambre du roi »
    La grande galerie (9) est l’élément architectural le plus impressionnant et le plus élaboré de l’Ancien Empire. D’une longueur de 47,80 mètres et d’une hauteur de 8,60 mètres par rapport à la verticale, la galerie est inclinée de 26°10’16″26. Elle est surmontée d’une magnifique voûte en encorbellement sur quatre faces (technique héritée de la pyramide rouge et de la pyramide rhomboïdale à Dahchour) la protégeant des charges. Une marche à l’extrémité supérieure de cette galerie donne sur une antichambre (11) menant à la chambre du roi (10). Cette antichambre comportait un système de fermeture avec herses obstruant le passage mais aujourd’hui disparues.
    La « chambre du roi » est un magnifique ouvrage de granit de 10,47 mètres sur 5,23 mètres (soit vingt coudées sur dix coudées) et d’une hauteur de 5,84 mètres. La chambre est surmontée par une imposante couverture de blocs de granit répartis sur cinq niveaux, le dernier niveau étant surmonté d’une voûte de décharge avec pierres disposées en chevrons. C’est dans cet espace que fut trouvée la seule inscription permettant d’attribuer, avec certitude, cette pyramide à Khéops. Le toit de cette couverture s’élève à plus de vingt mètres du sol de la chambre. Un coffre en granit, vide et sans couvercle, est disposé à l’ouest de la salle. Comme dans la « chambre de la reine », deux conduits de ventilation (10) s’élèvent depuis la « chambre du roi » vers les faces nord et sud de la pyramide. La fonction de ces conduits d’aération fait l’objet de débats : ventilation ? Corridor symbolique pour conduire l’âme du roi (incarnation du pharaon en dieu Râ pour le puits nord, en dieu Horus pour le puits sud) ?
    Au fond de la chambre, à l’ouest, la cuve en granit (haute d’un mètre, longue de 2,30 m et large de 0,89 m) posée sur le sol présente des traces de scie et une brèche à un angle, probablement l’œuvre de pilleurs de tombes qui ont tout emporté alors que le couvercle, jamais découvert, devait être encore en place (les rebords du sarcophage montrent un dispositif d’encastrement qui est la preuve de l’existence de ce couvercle). Il est possible que ce sarcophage ne soit qu’un cénotaphe, un tombeau érigé en mémoire du pharaon mais non destiné à recevoir son corps, ou que Khéops soit mort dans une bataille sans que les prêtres aient pu récupérer son cadavre afin de lui rendre les derniers devoirs.
Le Pyramidion

Il ne subsiste aucune trace du pyramidion qui couronnait jadis le sommet de la grande pyramide. Le pyramidion qui est exposé actuellement près du coin sud-est n’est autre que celui de la petite pyramide satellite. Celui-ci est en calcaire et anépigraphe, à l’instar du pyramidion de la pyramide rouge édifiée par le père de Khéops, Snéfrou. Aucun indice ne permet cependant d’indiquer une quelconque similitude avec le pyramidion disparu.

Le phénomène d’apothème

La Grande Pyramide possède en réalité huit faces et non quatre, car chacune est légèrement mais très précisément incurvée, cette forme géométrique étant très délicate à réaliser sur de telles dimensions. Ce phénomène, dit d’apothème, a été découvert en 1934 par André Pochan, mais il n’est ici visible à l’œil nu qu’aux équinoxes. On rencontre ce phénomène également sur d’autres pyramides égyptiennes. L’érosion, un effondrement interne ou un endommagement dû à la chute des pierres de parement, furent souvent invoqués, et souvent contestés.

Considérations astronomiques

Les Égyptiens ont en effet choisi une pente, pour les faces, de 14/11 (la hauteur étant de 280 coudées et la base de 2×220 coudées, la pente est égale à 280/220 = 14/11). Cette valeur fut pour la première fois appliquée à la pyramide de Meïdoum mais ne constitue pas une règle chez les constructeurs de l’Ancien Empire puisque certaines pyramides ont une pente de 6/5 (pyramide rouge), 4/3 (pyramide de Khephren) ou encore 7/5 (pyramide rhomboïdale).

  • Concernant le nombre d’or, la proportion de 14/11 entraîne un rapport apothème/demi-base égal à :
    {\frac {{\sqrt {14^{2}+11^{2}}}}{11}}\simeq 1,61859
    proche de
    \varphi ={\frac {1+{\sqrt {5}}}{2}}\simeq 1,61803

  • La valeur du nombre \pi \simeq 3,14159 serait donnée par le rapport
    (demi-périmètre de la base)/hauteur.
    On obtient ainsi la valeur approchée
    {\frac {{4\times 11}}{14}}={\frac {22}{7}}\simeq 3,14285\simeq \pi
    La valeur approchée du nombre \pi \simeq 3,14159 est également donnée par le calcul (demi-périmètre de la base)-hauteur. En prenant la valeur 0,5236 mètre pour une coudée, on obtient: 2*440 coudées – 280 coudées soit
    {\displaystyle (880*0,5236)-(280*0,5236)=460,768-146,608=314,16}

Il y eut de nombreuses théories visant à faire de la pyramide un observatoire astronomique. Ainsi le couloir descendant aurait pointé vers l’étoile polaire de l’époque, Alpha Draconisnote. Les couloirs de ventilation côté sud auraient pointé pour l’un, vers l’étoile Sirius, et pour l’autre, vers l’étoile Alnitak. Cependant, ici encore et comme pour la plupart des pyramides d’Égypte, les couloirs d’accès avaient des pentes simples et faciles à mettre en œuvre. Ils étaient inclinés d’un angle compris entre 26° et 26°30′ soit une pente de 1/2.

Une propriété géométrique semble pourtant avoir été voulue par l’architecte de la grande pyramide. Les conduits de ventilation de la chambre de la reine atteindraient tous les deux le même niveau de la pyramide. Ce fait est vérifié pour les conduits de la chambre du roi.

Il y eut de nombreuses théories visant à faire de la pyramide un observatoire astronomique. Ainsi le couloir descendant aurait pointé vers l’étoile polaire de l’époque, Alpha Draconisnote . Les couloirs de ventilation côté sud auraient pointé pour l’un, vers l’étoile Sirius, et pour l’autre, vers l’étoile Alnitak. Cependant, ici encore et comme pour la plupart des pyramides d’Égypte, les couloirs d’accès avaient des pentes simples et faciles à mettre en œuvre. Ils étaient inclinés d’un angle compris entre 26° et 26°30′ soit une pente de 1/2.

Une propriété géométrique semble pourtant avoir été voulue par l’architecte de la grande pyramide. Les conduits de ventilation de la chambre de la reine atteindraient tous les deux le même niveau de la pyramide. Ce fait est vérifié pour les conduits de la chambre du roi.

Théories alternatives
  • La construction de la grande pyramide de Khéops est incompatible avec les connaissances et les moyens rudimentaires du peuple qui l’érigea
  • La durée de construction elle-même – estimée à 20 ans – est un sujet de débat. Il leur semble en effet impossible que les Égyptiens aient pu construire cet immense édifice en une vingtaine d’années avec les méthodes et moyens techniques de l’époque
  • La fonction de tombeau royal, presque unanimement attribuée à la Grande Pyramide, est contestée ; en effet, le coffre est sans aucun ornement ni inscription, plus profond que dans les autres tombeaux et aucune trace de couvercle n’a jamais été trouvée
  • Les conduits d’aération des chambres soient uniques en leur genre, etc.
  • La Grande Pyramide serait une centrale énergétique utilisant la résonance non linéaire ou résonances de Schumann, qui grâce à ses dimensions proportionnelles à celle de la Terre, permettrait par résonance la production d’énergie vibratoire, et l’utilisation de machines de découpes et d’usinage des blocs de granite par ultra-son
  • L’utilisation de la Grande Pyramide comme d’une pompe hydraulique géante du type bélier. Cette hypothèse a été relancée lorsqu’en février 2000, la découverte et l’exploration par des égyptologues d’un réseau de galeries, chambres et puits inondés a été révélée par Zahi Hawass
  • La période du pharaon Khéops correspondait uniquement à la restauration de la pyramide, et non à sa construction, laquelle aurait eu lieu à une période bien antérieure restant à définir, pour un autre usage que la simple sépulture
  • la thèse d’une civilisation supérieure d’origine atlante, voire extraterrestre, dont les moyens et objectifs ne sont pas identifiables

Mystères d’Eleusis

Dans la religion grecque antique, les Mystères d’Éleusis (en grec : Ἐλευσίνια Μυστήρια) faisaient partie d’un culte à mystères, de nature ésotérique, effectué dans le temple de Déméter à Éleusis (à 20 km à l’ouest d’Athènes).

Au cours de leur évolution, les mystères d’Éleusis se sont ouverts d’abord à tous les Grecs, puis à tout homme ou femme, libre ou esclave, parlant grec. L’initiation comportait plusieurs degrés.

Ces mystères étaient traditionnellement consacrés

  • à Déméter et à sa fille Perséphone,
  • à Pluton, c’est-à-dire aux divinités de la terre et des morts,
  • à Dionysos sous son nom favori d’Iacchos auquel il a été assimilé
    Dionysos était en effet intimement mêlé à la vie de la terre et de la végétation, et dans les rituels des Anthestéries et les fêtes des Halôa en Attique, il était associé aux divinités proprement chtoniennes

Les mystères d’Éleusis représentent une des formes les plus élevées de la spiritualité grecque, et leur fortune a été considérable durant des siècles, dans l’ensemble du monde antique.

Origines mythologiques et historiques du culte
Le mythe

Selon la mythologie grecque, Hadès enleva Perséphone, au cours d’une cueillette de fleurs dans les prairies d’Enna (Sicile), pour l’épouser et en faire la reine des Enfers. Les cultures cessèrent de croître dans les champs alors que Déméter parcourait le monde à la recherche de sa fille. Un jour, alors qu’elle errait sur les terres de Grèce sous les traits d’une vieille mendiante, elle entra dans la cité d’Éleusis et demanda l’hospitalité. Le roi du pays l’accueillit avec une grande générosité et, en reconnaissance, la déesse dévoila sa véritable identité et récompensa ses bienfaiteurs : elle leur dévoila ses mystères et la maîtrise de l’agriculture, et les princes d’Éleusis furent dès lors chargés d’administrer son culte.

Par la suite, Déméter retrouva Perséphone qui ne put être entièrement libérée des Enfers, puisque ceux qui mangent la nourriture des morts ne peuvent retourner chez les vivants et que Perséphone avait mangé sept pépins de la grenade (fruit associé au mariage) offerte par Hadès. Zeus décréta toutefois que Perséphone passerait la moitié de l’année sur terre (durant la saison des cultures) avec sa mère et le reste de l’année (l’hiver) en compagnie d’Hadès.

Évolution historique

L’origine historique des mystères d’Éleusis est très ancienne : ils sont sans doute venus de Crète à date préhellénique3, sans qu’il soit possible pour autant d’affirmer que tout fût crétois à Éleusis, et sans exclure non plus des enrichissements achéens et helléniques, car à Éleusis tout est composite4; le nom même d’Éleusis (Ἐλευσίς) doit être rapproché du nom de la ville crétoise d’Éleutherna, de Ἠλύσια et de Εἰλείθυια peut-être ; celui des divinités laisse aussi entrevoir leur origine préhellénique : le nom de Perséphone, dans ses diverses formes (Περσεφόνη, Φερσεφόνεια, Φερέφαττα, Πηρίφονα), présente des alternances qu’on ne peut expliquer d’après le système des langues indo-européennes. Le nom de Déméter comprend un premier élément d’origine préhellénique δᾶ dans ses diverses formes (Δαμάτηρ, Δαμμάτηρ, Δωμάτηρ, Δηώ, Δωίς) qui pourrait bien correspondre au grec γᾶ / γῆ, Terre . On peut donc imaginer à Éleusis un culte rustique rendu à ces deux déesses primitivement anonymes, et qui serait la continuation des rites agraires de la Crète minoenne.

La cité d’Éleusis, à l’origine indépendante, finit par être englobée dans le synœcisme d’Athènes à une date qu’on ne peut indiquer avec précision, et cette intégration facilita le développement des mystères en les rendant assez vite panhelléniques. Devenus une fête religieuse de l’État athénien, les mystères furent alors dirigés par l’archonte-roi et un corps de quatre épimélètes élus par l’ecclésia, deux issus du peuple athénien, et deux des grandes familles nobles d’Éleusis, les Eumolpides et les Céryces. Le monopole de l’initiation fut en effet probablement détenu d’abord par les membres de ces familles aristocratiques et sacerdotales qui conservèrent toujours la surveillance du culte et l’intendance du temple. L’existence de promotions et de grades au sein de l’initiation est précisément une survivance des anciens cadres issus de ces familles nobles qui fondaient ainsi leur autorité individuelle. Mais du moins la société religieuse cessa ensuite de se recruter dans un groupe social préétabli. Les mystères d’Éleusis apparaissent ainsi comme la synthèse entre la tradition de rites secrets et des éléments d’une religion populaire et paysanne, issue d’un culte agraire : en attestent les fêtes des Éleusinia, restées assez primitives, et le rattachement, à la religion éleusinienne, des Thesmophories et des Halôa.

Dans cet héritage d’une vieille religion paysanne, une nouveauté importante apparut à Éleusis : la promesse d’immortalité ; l’initiation élevait à une éminente dignité ; elle eut donc pour effet de créer une société d’élus. L’idée d’immortalité s’orienta ainsi dans un sens individualiste, ce qui signifie qu’un privilège aristocratique se démocratisait :

« Heureux celui des hommes qui a vu ces choses ; mais celui qui n’a pas eu part aux sacrements, celui-là n’aura pas un sort égal dans les ténèbres de la mort. »
Hymne à Déméter, vers 480 à 482

Les pratiques immortalisantes avaient été un ancien privilège aristocratique, dont l’épisode de Démophon garde le souvenir ; communiquer ce privilège de princes à chaque initié représente bien une démocratisation des vertus religieuses. Les mystères, qui ne furent pas d’emblée accessibles à tous, s’ouvrirent finalement aux riches et aux pauvres, aux hommes libres comme aux esclaves, aux hommes et aux femmes. Quiconque était capable de moduler exactement les formules rituelles en grec et n’avait pas commis d’homicide pouvait être admis à participer aux rituels. Seuls les Barbares en étaient exclus, en souvenir des guerres médiques, mais cette interdiction ne devait sans doute plus être en vigueur après les conquêtes d’Alexandre le Grand. Cicéron dit qu’à son époque les mystères d’Éleusis exerçaient leur attrait jusqu’aux confins les plus reculés du monde. La plupart des empereurs romains se feront d’ailleurs initier à ces mystères, et Hadrien reçut même les deux degrés de l’initiation.

Le culte des mystères

L’Hymne homérique à Déméter, qui retient seulement d’antiques légendes sur la formation du culte éleusinien, est la principale source de données sur les rituels. Les rituels des mystères étaient toujours accomplis par les prêtres de Déméter. Parmi les plus connus d’entre eux, on retrouve Céléos et son fils Triptolème, à qui Déméter avait donné la tâche d’enseigner l’agriculture et de semer le blé sur Terre. Ce prêtre avait aussi institué les Éleusinies, fêtes associées au culte. Parmi les autres premiers prêtres se trouvent Dioclès, Eumolpos et Polyxène. On célébrait le culte dans le télestérion d’Éleusis. L’aspect principal de ce culte se construisait autour de la culture du blé et le cycle vie entreposage–semis–renaissance des cultures. Tous les initiés préservaient les secrets de la religion et croyaient qu’ils connaîtraient eux aussi une vie après la mort grâce à leur initiation à ces mystères. Comme la divulgation des rites était strictement défendue et qu’aucun auteur n’a trahi ce secret, aucun écrit ne documente avec précision les cérémonies.

Les Petits Mystères

Annuellement, il existait deux célébrations des mystères d’Éleusis : les Grands mystères et les Petits mystères

  1. Les Petits Mystères
    Ces derniers avaient généralement lieu au printemps, du 19 au 21 du mois d’Anthestérion, c’est-à-dire en février, et se déroulaient non pas à Éleusis mais Athènes dans le faubourg d’Agra, sous la présidence de l’hiérophante et de l’archonte-roi.
    Il est possible qu’à l’origine les mystères d’Agra étaient indépendants, et qu’Athènes ait eu intérêt à les relier à ceux d’Éleusis.
    Ces Petits Mystères étaient un préliminaire obligatoire.
    Les rites de cette préparation sont mal connus, seul un texte de Stéphane de Byzance évoque une imitation de l’histoire de Dionysos.
    Un délai de six mois était requis avant l’initiation aux Grands Mystères.
  2. Les Grands Mystères
    Les Grands mystères duraient neuf jours, d’après la durée de l’errance de Déméter à la recherche de sa fille.
    En septembre, avant l’automne, le 19e jour du mois Boédromion, on se préparait aux cérémonies préliminaires qui se déroulaient à l’extérieur et qui sont donc mieux documentées.
    Avant l’initiation proprement dite, le myste devait procéder, dans un acte individuel et non collectif, aux rites de purification destinés à le laver de toutes ses souillures, c’est-à-dire sans doute baptême et sacrifice d’un porcelet.
    La première partie du rituel débutait par le départ des éphèbes qui quittaient Athènes pour Éleusis le 13 du mois Boédromion, et qui revenaient le lendemain, ramenant les objets sacrés, les ἱερά / hiéra, cachés dans les corbeilles.
    C’est la prêtresse d’Athéna qui recevait ces reliques sacrées dans l’Éleusinion, un sanctuaire au pied de l’Acropole.
    Le 15 était consacré au rassemblement (ἀγυρμός) des mystes au Portique Pœcile : ils recevaient les instructions données par les mystagogues, et le hiérokéryx proclamait (πρόρρησις) les cas d’interdiction. Les mystères étaient interdits aux meurtriers et aux sacrilèges dont les mains étaient souillées, et à ceux qui, affligés d’un défaut physique, étaient de ce fait incapables de moduler correctement les formules rituelles.
    Le 16 de Boédromion était le jour de la lustration générale, au cri de : « À la mer, les mystes » (ἅλαδε μύσται). Les mystes (candidats dignes des mystères) se plongeaient dans la mer pour se purifier avant de procéder au sacrifice purificatoire d’un porcelet. Les deux journées suivantes étaient consacrées à une période de jeûne et de retraite.
    Le 19, commençait la grande procession solennelle des mystes qui suivaient la statue d’Iacchos, les hiéra et les prêtres en direction d’Éleusis, le long de la Voie sacrée. Le cortège faisait quelques haltes. Au pont du Céphise, des spectateurs attroupés lançaient aux mystes brocards et lazzi, survivance sans doute d’un vieux rite destiné à écarter le mauvais œil. Aux portes d’Éleusis, le cortège passait devant le palais de Crocôn, l’ancêtre d’une autre famille sacerdotale, et les mystes entouraient alors leur main droite et leur jambe gauche avec des bandelettes couleur de safran (en grec ancien κρόκος).
    On arrivait à Éleusis vers le soir, toutes torches allumées. C’est alors qu’avait lieu, autour du puits Kallichoros, la cérémonie de la danse aux flambeaux, dite de l’Eikas / εἰκάς, ou « cérémonie du 20e jour », en hommage à Iacchos29.
    Au cours des journées des 20 au 22 Boédromion, avaient lieu les rites secrets de l’initiation proprement dite, dont certains détails nous sont connus grâce aux nombreuses allusions rapportées par plusieurs auteurs. Dans l’enceinte sacrée du péribole, le prêtre sacrifiait solennellement à Déméter et à Korè.
    Le 21, dans le télestérion, le hall des initiations, après avoir rompu le jeûne en consommant le κυκεών / kykéôn, une boisson à base de lait de chèvre, de menthe et d’épicesNote 8(celle-là même qui, jadis avait restauré la déesse éperdue), les mystes se déclaraient inféodés à Déméter en prononçant la fameuse formule (σύνθημα) conservée par Clément d’Alexandrie :

« ἐνήστευσα, ἔπιον τὸν κυκεῶνα, ἔλαβον ἐκ κίστης, ἐργασάμενος ἀπεθέμην εἰς κάλαθον καὶ ἐκ καλάθου εἰς κίστην. »
« J’ai jeûné ; j’ai bu le kykéon ; j’ai pris dans le panier et, après avoir travaillé, j’ai déposé dans la corbeille, puis, reprenant de la corbeille, j’ai replacé dans le panier. »

De nombreux érudits ont forgé des hypothèses pour rendre compte du sens de ces rites secrets, en les expliquant tantôt par la consommation d’une portion de gâteaux, tantôt par la manipulation de simulacres d’organes génitaux, considérée comme un charme magique de rite de fécondité.
Les secrets du monde inférieur étaient révélés aux mystes, secrets peut-être accompagnés de visions ou d’apparitions tantôt effrayantes, tantôt rassurantes.
Puis, les épis de blé étaient consacrés, les mystes recevaient des révélations des initiés et accédaient au salut et à la vie après la mort.

L’initiation
Les participants

Ils étaient constitués des mystes, les nouveaux candidats à l’initiation qui participaient aux mystères pour la première fois, des mystes initiés y retournant une seconde fois pour passer à un niveau supérieur, des époptes (ἐπόπτης) qui étaient passés au plus haut degré d’initiation, et des prêtres qui présidaient aux rites.

Parmi ceux qui dirigeaient la cérémonie, on trouvait quatre ministres :

  • le premier dignitaire était le hiérophante Eumolpide, prêtre qui révélait les choses sacrées ; choisi à vie, il avait la surveillance des objets sacrés, les ἱερά qui étaient la propriété de sa famille, et qu’on transportait d’Athènes à Éleusis lors de la grande procession. Il avait aussi la garde des lois non-écrites du sanctuaire dont il était le seul exégète.
  • La prêtresse de Déméter, également désignée à vie, était issue de la famille sacerdotale des Philleides, et était égale en dignité avec l’hiérophante.
  • Son second en dignité, le dadouque, était le chef des hérauts sacrés, des porteurs de flambeaux, et à ce titre avait la charge de porter la double torche pendant la veillée sacrée ;
  • le hiérokéryx / ἱεροκῆρυξ, présent pendant toute l’initiation, devait faire respecter le silence religieux ;
  • il y avait aussi un Assistant (dont le costume symbolisait la lune), et des prêtresses.
  • L’archonte-roi d’Athènes était le surintendant de la cérémonie.
  • La cérémonie était également dirigée par une multitude de prêtres subalternes répartis en différentes classes.
    • Le mystagogue (μυσταγωγός), l’introducteur, avait pour fonction de faire entrer le myste dans un monde social et spirituel nouveau, car la société des initiés forme une société de purs, de saints, des ὅσιοι.
Les rites éleusiniens

Ce qui se passait pendant l’initiation aux mystères devait rester secret : cette loi du silence, prescrite aux initiés, est mentionnée dans l’Hymne à Déméter qui évoque « les beaux rites, les rites augustes qu’il est impossible de transgresser, de pénétrer, ni de divulguer » ; mais nous en savons quelque chose par les allusions des auteurs antiques.

D’après Aristote, on ne dispensait pas aux futurs initiés un enseignement proprement dit ni un corps de doctrines, mais l’initiation consistait à éveiller chez eux des sentiments et un état d’âme : « Les initiés n’ont pas à apprendre, mais à recevoir des impressions et à être mis dans certaines dispositions, après y avoir été convenablement préparés. »

Des chrétiens, notamment Clément d’Alexandrie dans son Discours aux Gentils, ou encore Arnobe, Théodoret, et saint Hippolyte en ont parlé de façon polémique mais, comme le souligne l’helléniste Fernand Robert, leurs critiques n’auraient eu aucun impact si elles n’avaient pas reflété la réalité.

Les procédures rituelles étaient à la fois de purification, d’introduction et de consécration. Elles étaient essentiellement lustratoires, par le sacrifice du cochon de lait et l’emploi de la peau de bélier (Διὸς κῲδιον).

Le cérémonial mystique d’Éleusis impliquait des rites comprenant la prononciation de certaines paroles. Nous possédons le texte de la formule que prononçait le myste après avoir bu le kykéon.

La communion que représente l’absorption du kykéon (ou cycéon) vise à produire une consécration individuelle.

Cette formule s’accompagnait de l’accomplissement de certains gestes :

  • un des points culminants de l’initiation consistait dans le geste du hiérophante, présentant un épi de blé nouvellement moissonné ;
  • parmi les objets du culte figure le plateau à godets éleusinien appelé κέρνος / kernos, le même que celui trouvé dans les fouilles de Crète, et qui souligne l’origine crétoise du culte4 ;
  • des représentations liturgiques évoquant la légende de Déméter et Coré impliquaient sans doute, pour figurer les hiérogamies, le mariage sacré entre le hiérophante et une prêtresse, car qui dit mystères, dit union sexuelle avec la divinité. Ce symbolisme sexuel (σύμβολον) fait entrevoir une antique organisation hiérarchique. Le hiérophante, revêtu du costume royal, appartenait au génos des Eumolpides, famille aristocratique et sacerdotale, et la prêtresse de Déméter, au génos des Philléides (Φιλλεῖδαι) : leur hiérogamie traduit l’image d’un couple royal donc divin.
  • À un moment critique de la cérémonie religieuse, le hiérophante faisait retentir un objet de métal appelé en grec ancien ἠχεῖον / ècheion, « résonateur (d’un tambourin) » ou selon d’autres, « bassin de cuivre ». Or, on sait par ailleurs qu’entrechoquer des objets métalliques, en particulier des armes, passait pour avoir la vertu de mettre fin à la sécheresse.

Pyramide rhomboïdale

La pyramide rhomboïdale fut construite pour le pharaon Snéfrou à Dahchour en Égypte. Sa forme particulière en fait une tentative avortée de pyramide à faces lisses, dernier stade de l’évolution des pyramides.

Elle possède de nombreuses particularités et ressemble par bien des points à la pyramide érigée par le fils de Snéfrou, Khéops. Elle est munie de deux entrées dont l’une n’est pas située sur la face nord, fait unique dans l’Ancien Empire, et conserve encore la majeure partie de son revêtement, faisant de cette pyramide la mieux conservée de toute l’Égypte.

Le complexe pyramidal a révélé les vestiges d’un imposant temple funéraire dont la riche ornementation le distingue des autres monuments de la IVe dynastie.

Pétra

Al KhaznehPétra (de πέτρα petra, « rocher » en grec ancien ; البتراء Al-Butrāʾ en arabe), de son nom sémitique1 Reqem ou Raqmu (« la Bariolée »)2,3, est une cité nabatéenne préislamique de l’actuelle Jordanie située dans le Wadi Rum.

Créée dans l’Antiquité vers la fin du viiie siècle av. J.-C. par les Édomites, elle est ensuite occupée vers le vie siècle av. J.-C. par les Nabatéens qui la font prospérer grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l’encens, les épices et d’autres produits précieux entre l’Égypte, la Syrie, l’Arabie du Sud et la Méditerranée. Vers le viiie siècle, la modification des routes commerciales et les séismes entraînent l’abandon progressif de la ville par ses habitants. Pétra a abrité à son apogée jusqu’à vingt-cinq mille habitants. Tombé dans l’oubli à l’époque moderne, le site est redécouvert par le monde occidental grâce à l’explorateur suisse Jean Louis Burckhardt en 1812.

Les nombreux bâtiments, dont les façades monumentales sont directement taillées dans la roche, en font un ensemble monumental et unique qui, depuis le 6 décembre 1985, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

La zone autour du site est également, depuis 1993, un parc national archéologique.

Mésopotamie

En la Mésopotamie les dieux les plus importants étaient cosmiques (soleil, lune, astres). A cause de l’importance de Babylone à l’époque biblique, son dieu Marduk a pris une place centrale. Ce jeune dieu est nommé le roi des dieux après sa victoire sur Tiamât (chaos); c’est à partir de son corps qu’il construisit le monde. Cette victoire et l’intronisation de Marduk étaient célébrées chaque année à la fête de la Nouvelle Année. (Le culte d’Assur, dieu des Assyriens, était semblable à celui de Marduk.) La divination et la sorcellerie étaient très développées; il y avait des prêtres spécialistes en divination et, dans la vie quotidienne, les prêtres-sorciers avaient un rôle protecteur contre les esprits et les démons.

Quelques mythes babyloniens ont influencé le développement de la tradition hébraïque.

Egypte

En Egypte, les dieux étaient thériomorphiques (représentés par des animaux); le roi étant l’archiprêtre, la société et la religion se soutenaient mutuellement. Le Pharaon n’était pas seulement prêtre, il était aussi le fils de dieu, et en effet ces rois avaient le titre: “bon dieu”.

Le soleil, Aton, était le premier des dieux, père des dieux et de l’humanité; mais à l’époque de l’A.T. le dieu Osiris et sa parédros la déesse mère Isis deviennent de plus en plus importants. Leur mythe et leur culte ressemblent à ceux de Baal/Anat. Le dieu du Nil (source d’eau pour la culture), Osiris, est aussi un dieu de la végétation et était réanimé ensemble avec elle, de même que Baal et Adonis.

La tradition de Sagesse égyptienne a été particulièrement influente sur l’A.T. Le style et même le contenu des écrits sapientiaux ressemblent au modèle d’Egypte (David et surtout Salomon ont invité des sages égyptiens comme conseillers techniques pour l’établissement de l’état israélite).

Rouleaux assyro-babyloniens

Dans le Proche-Orient ancien, un sceau-cylindre est un cylindre orné de motifs représentant des dieux ou des symboles du pouvoir. Il sert la plupart du temps à imprimer ces motifs sur de l’argile, mais a pu aussi avoir revêtu une fonction magique. Il apparaît à partir de la période d’Uruk (4100–3300 av. J.-C.).

Le cylindre peut être fait dans un nombre varié de matériaux : des pierres communes comme le marbre, la serpentine, la stéatite, l’hématite, ou bien dans des pierres plus rares et luxueuses comme le lapis-lazuli, la calcédoine, l’agate, la cornaline, voire en métal (or, argent, bronze) ou en faïence et verre.

Origine et diffusion

Le sceau-cylindre apparaît pour la première fois à la période d’Uruk moyen, au milieu du IVe millénaire. Le plus ancien exemple d’utilisation a été retrouvé à Sharafabad, dans l’Iran du sud-ouest. Mais c’est à Uruk et à Suse qu’ont été retrouvés les plus anciens exemplaires. D’abord utilisé surtout pour le scellement de portes ou de jarres, ou de bulles d’argile, il n’est utilisé de manière massive sur les tablettes d’argile qu’à partir de la Troisième Dynastie d’Ur (XXIe siècle). Le sceau-cylindre se répand dans tout l’espace de diffusion de l’écriture cunéiforme, et même au-delà : Mésopotamie, Élam, mondes hittite et hourrite, Urartu, Syrie, Levant, Égypte, Iran et jusqu’en Asie centrale. Son utilisation perdure jusqu’à la disparition de l’écriture cunéiforme et de son support, la tablette d’argile, au tout début de notre ère. Il est cependant en net recul à partir de l’époque néo-assyrienne (911-609), et tend à se raréfier durant la seconde moitié du Ier millénaire avant J.-C. L’objet servant alors à sceller est le plus souvent le cachet.

Imagerie

Le sceau-cylindre a une fonction esthétique, narrative. Les thèmes qu’il porte sont représentatifs du mode de pensée de ses porteurs, avant tout de leur religion. Ils évoluent donc selon le lieu et la période :

  • les sceaux-cylindres de la période d’Uruk ont la particularité de représenter, à côté de thèmes religieux, des sujets de société, d’économie, des scènes de la vie quotidienne, ce qui ne se reproduit plus par la suite ;
  • durant les Dynasties archaïques (c. 2900-2340), on a surtout des thèmes religieux : scènes mythologiques, combats divins et héroïques, scènes liturgiques ; à la fin de la période, on commence à représenter de manière évidente des divinités ;
  • sous l’Akkad (c. 2340-2200), on trouve surtout des sujets mythologiques ;
  • sous la Troisième dynastie d’Ur (2112-2004), on représente en plus la figure royale (les rois étant alors souvent divinisés) ;
  • l’iconographie paléo-babylonienne (2004-1595) porte surtout sur des divinités et des génies protecteurs, alors qu’à la période suivante (c. 1595-1100), on trouve de nombreux motifs naturalistes ;
  • à l’époque néo-assyrienne (911-609), les sujets de prédilection sont les représentations de divinités, de combats mythologiques, ou de souverains ;
  • à la période achéménide (c. 550-323), il sert aussi à glorifier la figure royale.

Les thématiques sont donc avant tout religieuses et politiques. Les motifs les plus répandus, toutes périodes confondues, sont :

  • les scènes rituelles (banquets, libations, dévotions), mettant parfois en scène un souverain face à une divinité ;
  • les scènes de combat, avant tout entre des héros et des animaux réels ou fantastiques ; ce peut- être un héros mythologique, comme Lahmu, ou bien un roi (notamment dans des scènes de chasse, nombreuses à la période achéménide) ;
  • les scènes représentant des divinités, dans des contextes rituels (scènes d’offrandes représentant l’homme en train de rendre hommage à la divinité), des représentations de scènes mythologiques, etc.
  • les scènes représentant des rois, souvent dans des contextes rituels et combattants vus précédemment, et également parfois des scènes de culte rendu au roi, s’il est divinisé (de son vivant ou pas), ou bien de culte rendu aux ancêtres royaux ;
  • les animaux sont souvent représentés sur des sceaux-cylindres, qu’ils soient réels ou imaginaires ; ils sont très courants à la période d’Uruk, notamment dans des contextes profanes, et également à la période proto-élamite, où on représente des animaux ayant des activités humaines ; pour les autres périodes, se sont avant tout des scènes de combats entre héros et animaux qui offrent des représentations de ces derniers.

Persépolis

Persépolis (grec ancien Περσέπολις [Persépolis], « la cité perse »), Parsa en vieux-persan (persan تخت جمشید [Takht-e Jamshid], « le Trône de Jamshid »), était une capitale de l’empire perse achéménide.

Le site se trouve dans la plaine de Marvdasht, au pied de la montagne Kuh-e Rahmat, à environ 70 km au nord-est de la ville de Shiraz, province de Fars, Iran. Sa construction commence en 521 av. J.-C. sur ordre de Darius Ier.

Elle fait partie d’un vaste programme de construction monumentale visant à souligner l’unité et la diversité de l’empire perse achéménide, et à asseoir la légitimité du pouvoir royal. Elle fait appel à des ouvriers et artisans venus de toutes les satrapies de l’empire.

L’architecture résulte d’une combinaison originale des styles issus de ces provinces créant ainsi le style architectural perse ébauché à Pasargades, également retrouvé à Suse et Ecbatane. Cette combinaison des savoir-faire marque également les autres arts perses, comme la sculpture ou l’orfèvrerie. La construction de Persépolis se poursuit pendant plus de deux siècles, jusqu’à la conquête de l’empire et la destruction partielle de la cité par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C.

Le site est plusieurs fois visité au cours des siècles par des voyageurs occidentaux, mais ce n’est qu’au xviie siècle qu’il est authentifié comme étant les ruines de la capitale achéménide. De nombreuses explorations archéologiques permettent par la suite de mieux en appréhender les structures, mais aussi l’aspect et les fonctions passés. Persépolis comprend un vaste complexe palatin érigé sur une terrasse monumentale qui supporte de multiples bâtiments hypostyles. Ces palais ont des fonctions protocolaires, rituelles, emblématiques, ou administratives précises : audience, appartements royaux, administration du trésor, accueil. À proximité de la Terrasse se trouvaient d’autres éléments : habitations de la ville basse, tombes royales, autels, jardins. De nombreux bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais représentent la diversité des peuples composant l’empire. D’autres consacrent l’image d’un pouvoir royal protecteur, souverain, légitime, et absolu, ou désignent Xerxès Ier comme successeur légitime de Darius le Grand. Les multiples inscriptions royales persépolitaines cunéiformes rédigées en vieux-persan, babylonien, ou élamite, gravées à divers endroits du site, procèdent des mêmes buts, et précisent également pour certains bâtiments le roi ayant ordonné leur érection.

L’idée que Persépolis n’avait qu’une occupation annuelle et rituelle dédiée à la réception par le roi des tributs offerts par les nations assujetties de l’empire à l’occasion des cérémonies du nouvel an perse a longtemps prévalu. Il est maintenant certain que la cité était occupée en permanence et tenait un rôle administratif et politique central pour le gouvernement de l’empire. De nombreuses archives écrites sur des tablettes d’argiles découvertes dans les bâtiments du trésor et les fortifications ont permis d’établir ces rôles, et livrent des renseignements précieux sur l’administration impériale achéménide et la construction du complexe.

Persépolis est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.

Pyramidologie

La pyramidologie est un terme utilisé, parfois avec mépris, pour se référer aux diverses spéculations concernant les pyramides, le plus souvent concernant le plateau de Gizeh et sa Grande pyramide.

Certains « pyramidologues » travaillent également sur les structures monumentales pré-colombiennes en Amérique (comme Teotihuacan, la civilisation méso-américaine maya et inca des Andes d’Amérique du Sud), et les temples de l’Asie du Sud-Est.

La Description de l’Égypte, compte-rendu monumental de la Campagne d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte, a permis de révéler au monde occidental la richesse et la variété de la civilisation égyptienne. Elle permit de lever de nombreux voiles.

Ainsi les grandes pyramides s’avéraient être des tombeaux et les nombreuses expéditions qui suivirent confirmèrent cette analyse.

Cependant, les particularités de la grande pyramide de Khéops font encore se poser bien des questions à certains auteurs :

  • la démesure et la précision obtenues pour la grande pyramide de Khéops sont, pour certains auteurs, incompatibles avec les connaissances et les moyens rudimentaires que l’on attribue habituellement au peuple qui l’érigea
  • la destination initiale de la grande Pyramide, affirmée comme étant le tombeau de Khéops, ne convainc pas tous les analystes, historiens ou scientifiques.

Sir Petrie lui-même, bien que fervent partisan de la thèse du tombeau royal, a mis en évidence 13 interrogations à ce sujet :

  • les passages directs vers les chambres qui mèneraient d’éventuels pillards droit au but plutôt que de les perdre;
  • le coffre et son couvercle ne pouvant pas être apportés dans la chambre du roi après mais uniquement pendant la réalisation de la pyramide,
  • le coffre sans aucun ornement ni inscription, plus profond que dans les autres tombeaux et le couvercle jamais trouvé,
  • les conduits d’aération des chambres soient uniques en leur genre, etc.

La durée de construction elle-même est un sujet de débat.

Il semble en effet irréaliste pour certains auteurs que les Égyptiens aient pu construire cet immense édifice en une vingtaine d’année avec les méthodes et moyens techniques de l’époque.

Les thèses religieuses ou mystiques
La pyramide et la Bible

C’est en 1859 que John Taylor fut le premier à avancer que la grande pyramide ne fut pas construite par la civilisation égyptienne mais par une race élue de Dieu antérieure à Abraham, arguant qu’un monument aussi grandiose n’aurait pu être l’œuvre d’un peuple idolâtre.

L’astronome de la cour d’Écosse, Charles Piazzi Smyth s’en inspira largement quelques années plus tard afin de développer l’œuvre qui inspirera, à partir de cette époque, tous les tenants de la thèse mystique et biblique, Our inheritance in the great pyramid paru en 1864 et se fondant sur des mesures souvent approximatives voire inexactes.

Piazzi Smyth démontra, entre autres, que la grande pyramide était un repère géodésique, une horloge astronomique et une sorte de bibliothèque des connaissances de l’époque. Connaissances très avancées qui ne peuvent être déchiffrées qu’à l’aide de l’introduction de deux unités de mesure arbitraires, le pouce pyramidal valant 1,001 pouce anglais et la coudée sacrée (différente de la coudée royale égyptienne) valant 25,025 pouces anglais, toutes deux créées par l’astronome.

Ces affirmations, purement gratuites, ont eu un retentissement énorme de par la notoriété de l’auteur. Elles furent reprises et complétées à maintes reprises jusqu’à nos jours, en particulier par Morton Edgar, l’abbé Charles Moreux, David Davidson et Georges Barbarin, ce dernier avançant que la pyramide était une Bible de pierre, construction prophétique contenant les dates clefs de l’histoire de l’humanité passées et futures.

Les réfugiés atlantes

Edgar Cayce est parfois considéré comme le « prophète dormant » et l’un des « plus grands mystiques » des États-Unis. Partisan d’une civilisation pré-dynastique se composant des réfugiés atlantes, dont il aurait été lui-même prêtre, et qui aurait construit des monuments sur le plateau de Gizeh, dont la grande pyramide, laissant des enregistrements de l’Atlantide dans une salle réservée à cet effet situés quelque part sous le sphinx de Gizeh.

Le pouvoir des pyramides

Les théories pseudo-scientifiques à tendance New Age sur le pouvoir des pyramides trouvent de nombreux échos dans la littérature ésotérique. Donnant pour explication la concentration dans la pyramide d’un champ d’ondes de forme généré par l’énergie cosmique, elles ne reposent sur aucun fondement scientifique. Cependant Joe Parr, chercheur américain dans les domaines des champs électro-magnétiques et rayons Gamma, a été le premier à démontrer expérimentalement l’influence des pyramides sur ce type de rayonnement, a effectuer des tests avec des pyramides tournantes et des sources radioactives, et à mesurer les émissions radioactives dans la Grande Pyramide.

Les thèses techniques
La pyramide et la constellation d’Orion

La « corrélation d’Orion » est une théorie proposée par certains égyptologues (comme Selim Hassan) ou archéo-astronomes (comme Robert Bauval), selon laquelle il existerait une corrélation entre la position des pyramides d’Égypte et la position des étoiles, notamment entre les trois pyramides de la nécropole de Gizeh et les trois étoiles centrales de la constellation d’Orion. Si ces théories visent uniquement à démontrer que les Égyptiens de l’Antiquité auraient utilisé la position des étoiles pour choisir l’emplacement de leur pyramide, d’autres théories pseudo-scientifiques y voit un élément en faveur d’une origine atlante ou extra-terrestre des pyramides d’Égypte, ou encore (Georges Vermard), comme un condensé d’une « connaissance primordiale ».

Alignement de sites

Le film documentaire La Révélation des Pyramides (basé sur les recherches de Jacques Grimault) affirme que les pyramides de Gizeh sont alignées avec un certain nombre d’autres sites archéologiques comme l’île de Pâques, Machu Pichu, Ollantaytambo, le chandelier de Paracas, le pays dogon et Mohenjo-daro, reprenant en cela la théorie de l’alignement de sites.

La Grande pyramide comme centrale d’énergie

Selon Christopher Dunn (en), les anciens Égyptiens auraient eu des connaissances technologiques bien plus avancées que celles qui leur sont habituellement reconnues5. La Grande Pyramide aurait été une centrale énergétique utilisant la Résonances de Schumann, qui grâce à ses dimensions proportionnelles à celle de la Terre, permettait par mise en résonnance acoustique, la production d’énergie vibratoire, l’utilisation de machines de découpes et d’usinage des blocs de granite par ultra-son, voire la production d’énergie piézoélectrique et enfin une explosion d’hydrogène à l’intérieur même de la pyramide qui aurait mis fin à son utilisation initiale, comme en témoigneraient des traces mécaniques et chimiques retrouvées dans la pyramide, et jamais expliquées par ailleurs.

La Grande pyramide comme pompe hydraulique

À la suite d’observations menées sur l’érosion des chambres et couloirs souterrains, puis grâce à des simulations à échelle réduite, certains chercheurs comme John Cadman 9 ou Edward Kunkel dans son livre “Pharaoh’s Pump”, défendent l’hypothèse de l’utilisation de la Grande Pyramide comme d’une pompe géante du type Bélier hydraulique. Cette hypothèse a été relancée lorsqu’en février 2000, la découverte et l’exploration par des égyptologues d’un réseau de galeries, chambres et puits inondés a été révélée par Zahi Hawass.

Colosses de Memnon

Les colosses de Memnon sont deux sculptures de pierre monumentales situées sur la rive occidentale de Thèbes (Égypte), sur la route qui mène à la nécropole thébaine. Ils sont les derniers vestiges du gigantesque temple des millions d’années d’Amenhotep III, construit durant la XVIIIe dynastie, qui n’existe plus de nos jours. Ils sont situés au lieu-dit Kôm el-Hettan.
Temple d’Amenhotep III
Les deux statues colossales se dressaient sur le parvis du temple des millions d’années d’Amenhotep III qui était alors le plus grand ensemble cultuel de la rive ouest de Thèbes. La taille de ces deux colosses laisse imaginer à quelle dimension fut pensée et réalisée cette entreprise par Amenhotep fils de Hapou, architecte du roi.

Statues

Colosse sud
Colosse nord
Les deux colosses représentent le pharaon assis sur le trône de ses ancêtres, les mains posées sur les genoux ; de chaque côté de ses jambes sont figurées sa mère, Moutemouia, et son épouse, Tiyi. Sur les deux côtés du trône figure une représentation symbolique de l’union de la Haute-Égypte et de la Basse-Égypte, le Sema-Taouy, représenté par deux « Nil » nouant le papyrus et le lotus, symboles du « double pays ».

Contrairement à la plupart des autres monuments égyptiens, ces deux monolithes ne sont faits ni de calcaire, ni de granite, ni de grès, mais bien d’une brèche siliceuse de quartzite, « masse de cailloux agatisés liés entre eux par une pâte d’une dureté remarquable. Cette matière très dense et d’une dureté tout à fait hétérogène offre à la sculpture des difficultés peut-être plus grandes que celles que présente le granit ; cependant les sculpteurs égyptiens en ont triomphé avec le plus grand succès. ».

Les dimensions, prises sur le colosse sud, sont les suivantes :

Hauteur du piédestal : 3,30 m (à moitié enfoncé dans le sol)
Aire du piédestal : 10,5 m × 5,5 m
Hauteur de la statue : 13,97 m
Hauteur totale : 17,27 m
Hauteur totale initiale supposée avec la couronne manquante : 21 m
Masse : piédestal 556 tonnes ; colosse 749 tonnes ; masse totale 1305 tonnes.
Les dimensions, prises sur le colosse nord, sont les suivantes3 :

Hauteur du piédestal : 3,6 m (à moitié enfoncé dans le sol)
Aire du piédestal : 10,5 m × 5,5 m
Hauteur de la statue : 14,76 m
Hauteur totale : 18,36 m
Hauteur totale initiale supposée avec la couronne manquante : 21 m
Masse : piédestal 602 tonnes ; colosse 758 tonnes ; masse totale 1360 tonnes.
Cependant les derniers calculs donnent des résultat plus proches des 1800 tonnes, car ils prennent en compte la densité de la matière (le granite).

Une majorité d’égyptologues admet que les mégalithes ayant servi à façonner ces deux colosses proviennent de la carrière de Gebel el Ahmar, située près du Caire.

Les couches de la roche dont sont extraits les deux colosses sont orientées différemment pour l’un et l’autre. Le colosse du sud voit les couches de son matériau disposées verticalement tandis que celles du colosse du nord le sont horizontalement. Ce fait indique que le premier fut extrait de sa gangue à l’horizontale (couché), tandis que le second le fut à la verticale (dressé).

Des traces très nettes laissées par l’utilisation d’outils ont pu être relevées sur le colosse nord. Les anciens Égyptiens ont donc dû résoudre des problèmes de transport et de génie civil importants afin de mener à bien leur érection : transport fluvial sur une longue distance, érection de masses rocheuses trois fois plus lourdes que les classiques obélisques et façonnage d’un matériau très dur.
Phénomène acoustique
Un séisme a effectivement lieu en -27, un an avant le passage de Strabon ; la statue fissurée est la plus septentrionale, c’est-à-dire celle de droite lorsque l’on regarde les colosses de face. Une légende persistante voudra néanmoins que la statue ait été détruite par le roi achéménide Cambyse II, célèbre pour son impiété6.

Strabon ajoute que depuis lors, selon une légende locale, la statue se met à « chanter » au lever du soleil et témoigne avoir entendu lui-même le phénomène. Il décrit le son produit comme « un bruit analogue à celui que produirait un petit coup sec » mais se montre circonspect quant à son origine. Devenue une véritable curiosité, la statue est ensuite mentionnée par Pline l’Ancien7, Tacite, qui parle du « son d’une voix humaine » ou encore Pausanias, qui évoque le son d’« une corde de cithare ou de lyre qui se rompt ».

Ce phénomène est interprété par les Anciens comme le cri de Memnon, héros de la guerre de Troie, accueillant sa mère, l’Aurore. Pausanias explique :

« On lui donne généralement le nom de Memnon, qui étant, dit-on, parti de l’Éthiopie avec une armée, traversa l’Égypte et s’avança jusqu’à Suse. Mais les Thébains ne veulent pas que cette statue soit Memnon, et ils y voient Phaménophis [Aménophis III], Égyptien. J’ai aussi entendu dire qu’elle représente Sésostris. »
— Extrait de la traduction de M. Clavier.

Pèlerinages

Le colosse devient rapidement un lieu de pèlerinage pour les Grecs et les Romains, qui viennent en nombre entendre l’oracle de Memnon. C’est aussi une curiosité touristique, au même titre que les pyramides. Les visiteurs ont l’habitude d’y laisser un graffiti, comprenant généralement la mention « audi Memnonem » (« j’ai entendu Memnon »), ainsi que leur nom et la date de leur passage.

Le colosse reçoit trois visites impériales. La première a lieu en 130, dans le cadre du grand voyage en Égypte d’Hadrien ; elle est relatée dans quatre épigrammes de Julia Balbilla, poétesse et membre de l’escorte de l’impératrice Vibia Sabina16. Remontant le Nil, l’empereur et sa suite assistent le 19 novembre au lever du soleil sur la plaine de Thèbes ; à l’embarras général, la statue ne chante pas et Hadrien doit revenir une seconde fois le lendemain pour assister au phénomène. Au IIIe siècle, l’empereur romain Septime Sévère, voulant honorer la divinité qui se manifeste ainsi chaque matin, ordonne la restauration de la statue, qui depuis cesse de chanter.